Musée départemental de Flandre

Musée de Flandre Cassel

Présentation générale

Le musée départemental de Flandre, situé à Cassel, se trouve dans l’Hôtel de la Noble Cour, bâtiment classé au titre des Monuments Historiques. En 1997, le musée municipal devient un musée départemental et des travaux de rénovation lourde sont engagés jusqu’en 2010, date de réouverture au public. Plus récemment, le site a fait l’objet de travaux de réaménagements concernant ses abords. Le musée est situé sur le Mont de Flandre et comprend également un jardin aménagé.

Principales interventions d’accessibilité :

  1. aménagements du site
  2. outils de médiation
  3. formation des agents

Situation géographique :

  • Cassel, Nord, France

Description des installations :

Le musée est installé dans l’Hôtel de la Noble Cour, bâtiment datant du 16ème siècle, anciennement siège de la châtellenie de Cassel et de la Cour de Justice de Cassel jusqu’à la révolution. Le bâtiment est classé au titre des Monuments Historiques en 1910 et devient de 1914 à 1915 le bureau du général Foch durant la bataille des Flandres.

L’Hôtel de la Noble Cour comprend une façade de style Renaissance datant du 16ème siècle (côté Grand Place) contrastant avec une façade reprenant le vocabulaire de l’architecture flamande tel que le pignon « à pas de moineaux » (côté jardin). L’intérieur est orné de boiseries et de parements en brique typiques de l’architecture flamande.

Pour aller plus loin :

Enjeux du site

Valeur patrimoniale et attractivité

  • l’Hôtel de la Noble Cour est classé au titre des Monuments Historiques depuis 1910.
  • prix « Patrimoines pour Tous » 2016.
  • Label « Tourisme et Handicap » pour les visiteurs déficients visuels, à mobilité réduite et en situation de handicap mental (2012), et déficients auditifs (2015).
  • collection pluridisciplinaire d’environ 6000 pièces, de peinture, gravure et sculpture flamande, mêlant art contemporain, art ancien et objets ethnographiques.
  • 50 000 visiteurs par an

Problèmes d’accessibilité avant travaux

  • accessibilité du site et du bâtiment (pente existante de 10% dans la cour)
  • des outils de médiations pour tous les publics

Projet

L ‘accessibilité physique du site

 Avant la réalisation des travaux de restructuration, l’Hôtel de la Noble Cour, situé sur le site du Mont Cassel, présente de nombreuse contraintes en terme d’accessibilité physique.

Façade du Musée de Flandre

Le traitement de sol de la cour

Le site du Mont Cassel est constitué de pentes naturelles contraignant l’accès au bâtiment avant la réalisation des travaux. En effet, les pentes préexistantes peuvent aller jusqu’à 15% de dénivelé et 10% dans la cour. Un travail de restructuration lourde du sol a donc été nécessaire afin de proposer un cheminement accessible à tous. Le projet du paysagiste Antoine Van Oplynus de l’agence Depret propose un parcours en pente douce continu (sans paliers) qui conduit aux ateliers pédagogiques du musée. Des ilots pavés restent présents et rappellent la cour initiale de l’Hôtel Noble-Cour, ils sont aussi l’occasion d’intégrer les éclairages tout au long du cheminement. Les emmarchements sont par ailleurs soulignés d’une bande noir afin d’accentuer la différence de matériaux entre les ilots pavés et le sol en béton du parcours. Enfin, des bancs sont disposés le long du cheminement, ils orientent le visiteur et proposent des espaces de repos.

Accès aux ateliers pédagogiques depuis la cour
Accès aux ateliers pédagogiques depuis la cour

L’intégration d’un ascenseur intérieur

L’un des enjeux du projet était de trouver l’emplacement adéquat pour l’installation d’un ascenseur dans ce cadre bâti contraint. En effet, le parcours de visite se déployant sur deux niveaux, cette installation s’est vite avérée nécessaire. Pour cela, la stratégie retenue a été de placer l’ascenseur en lieu et place d’une petite salle qui servait jusqu’à lors de placard. En revanche, eu égard à la configuration des espaces des deux niveaux desservis, il a fallu trouver un modèle d’ascenseur alliant une ouverture sur deux faces contiguës, soit en frontal et en latéral. L’ensemble du parcours de visite est ainsi accessible aux personnes à mobilité réduite.

Intégration de l’ascenseur
Intégration de l’ascenseur

Amélioration des aménagements intérieurs

La banque d’accueil a été repensée pour accueillir tous les visiteurs, intégrant une tablette disposée à hauteur accessible pour les personnes en fauteuil. La banque d’accueil du musée intègre également une boucle magnétique. Pour les personnes malentendantes non appareillées, l’espace est équipé d’une enceinte directionnelle amplifiant la voix de la personne située à l’accueil et permettant de diriger le message directement vers le visiteur.

Banque d’accueil et dispositif pour les personnes malentendantes
Banque d’accueil et dispositifs pour les personnes malentendantes

Par ailleurs, des dispositifs ont été mis en place tout au long du parcours de visite afin de rendre perceptibles les vitrines suspendues ainsi que les cheminées. En effet, des panneaux en bois peints ont été installés à l’aplomb des vitrines, les rendant ainsi détectables à la canne blanche. Ils sont par ailleurs peints de manière à contraster avec le sol en bois naturel de la salle.

Dispositif de détection à l’aplomb des vitrines.
Dispositif de détection à l’aplomb des vitrines

Enfin, des sanitaires accessibles ont également été mis en place à deux endroits du musée, au niveau de l’accueil et au niveau des ateliers pédagogiques.

Des outils de médiation pour tous

Le projet culturel du Musée s’articule autour d’un choix varié de dispositifs et d’outils de médiation destinés à tous les publics.

La traduction tactile des œuvres

Le musée a fait le choix d’offrir aux publics malvoyants et non-voyants des maquettes présentant une traduction tactile d’œuvres picturales. Ce travail de transcription tactile s’est fait en collaboration avec l’association Artesens et a nécessité en tout quatre années de formalisation, entre échanges et réalisation du projet. Ce travail requiert en effet une analyse du propos scientifique de l’œuvre de manière à en extraire les éléments importants à traduire tactilement. Ainsi, l’analyse de l’œuvre, la hiérarchisation des informations, et le choix de leurs modalités de transcription, sont les enjeux fondamentaux d’un tel projet. Ces objets tactiles sont à disposition permanente de tous les publics, ils sont l’occasion pour chacun d’échanger sur la compréhension d’une œuvre, offrant une lecture renouvelée de celle-ci.

Tableau tactile
Tableau tactile

Ces maquettes ont été intégrées à un dispositif muséographique conçu par Didier Blin permettant au visiteur de les toucher dans de bonne condition de confort. Elles sont en effet disposées sur un mobilier adapté intégrant un banc amovible pour le repos éventuel de l’usager. Ces objets tactiles sont accompagnés d’une audio-description, d’un texte en braille et d’un texte en gros caractère.

Quatre œuvres ont ainsi été transcrites tactilement, chacune apportant sa spécificité en terme de mode de représentation tactile. L’un des tableaux est Les Casselois dans le marais de Saint-Omer se rendant à la merci du duc Philippe le Bon le 4 Janvier 1430, par Francis Tattegrain (1852-1915). Dans ce cas précis, l’une des réflexion centrale a été de traduire l’atmosphère du tableau et notamment la pluie, la neige, le froid.

Des stations tactiles pour comprendre l’architecture

Afin de permettre à tous les visiteurs de mieux comprendre le bâtiment et sa qualité patrimoniale, quatre stations tactiles ont été installées sur l’ensemble du site. Ces bas-reliefs représentant le bâti ont été conçus par l’agence Artesens et ont été fabriqués en laiton, matériaux alliant résistance, confort et hygiène. Elles ont vocation à traduire les différents détails notables de l’architecture du lieu, son histoire et sa valeur patrimoniale. Les stations traduisent en effet le dialogue entre les différentes façades du bâti, l’une intégrant les caractéristiques de l’architecture de la Renaissance, et l’autre de l’architecture flamande. Le bas-relief reprend le vocabulaire architectural relatif à chacune des façades décrites et le traduit par des schémas explicatifs, il constitue ainsi un outil pédagogique utilisable, et utilisé, par tous.

Station tactile
Station tactile

D‘autres dispositifs sont également mis en place pour tous les publics et notamment pour les déficients auditifs : des visites guidées en LSF, des visites non spécifiques intégrant des mots en Langue des Signes Française. De même pour les visiteurs en situation de handicap mental, des visites adaptées sont proposées, intégrant notamment le travail d’un comédien déguisé qui permet d’immerger encore davantage le public dans l’histoire de l’œuvre. Et puis enfin, des ateliers « hors les murs » sont organisés en lien avec les EHPAD locaux.

La formation des agents du musée

Un projet global articulé autour de l’accessibilité à tous les publics ne peut se faire sans la formation de tous les agents du musée, que ce soit concernant l’accessibilité physique ou l’accessibilité aux œuvres via la création d’outils de médiation.

Chacun des agents a donc reçu une formation globale, ponctuée d’approfondissements en lien avec ses missions au sein du musée. L’ensemble des formations s’est effectué en lien avec les associations locales de personnes en situation de handicap.

Les agents d’accueil ont ainsi été formés pendant trois jours à l’accueil des visiteurs en situation de handicap et ont reçu par ailleurs une initiation à la Langue des Signes Française. Ils ont également été formés au guidage d’une personne non-voyante.

Les médiateurs ont bien sûr reçu les formations les plus complètes, intégrant la Langue des Signes Française et le guidage d’une personne malvoyante, mais aussi une formation à l’audio-description et à la médiation via les maquettes tactiles.

Des agents de médiation formés à la LSF
Des agents de médiation formés à la LSF

Enfin, le reste de l’équipe administrative a également eu une initiation à la Langue des Signes Française. Les agents de surveillance ont également été sensibilisés, étant en effet présents pour guider et accompagner les visiteurs en difficulté tout au long du musée.

Crédit photographique : Musée départemental de Flandre

Acteurs et processus de projet

Acteurs

  • Maitre d’ouvrage : Conseil départemental du Nord
  • Maître d’œuvre :
    • paysagiste : Antoine Van Oplynus, Agence Depret
    • muséographe : Didier Blin
  • Associations :
    •  APF
    • Signe et Sens : conseil sur les outils adaptés au public sourd et déficient auditif
    • Artesens : conseil et conception des outils tactiles
    • France Alzheimer : création d’ateliers « hors les murs »

Processus de projet

Plusieurs « usagers-experts » sont intervenus tout au long du projet de restructuration, apportant ainsi leurs visions de potentiel visiteur dans l’avancement du projet. L’association des paralysés de France a, par exemple, été sollicitée par le musée à différentes étapes clés du projet, durant la conception et au moment du chantier. Ces échanges ont permis de chercher sans cesse la meilleure réponse en terme d’accessibilité dans un contexte patrimonial bâti contraint. De même, différentes associations ont également été sollicitées pour la mise en place des dispositifs de médiation.

Photographies et plans

Crédit photographique : Musée départemental de Flandre