Centre historique minier

Présentation générale
La compréhension des situations de handicap a été le moteur de l’amélioration de l’accessibilité du Centre minier. L’implication et la concertation avec les acteurs de terrain a permis d’avancer dans cette démarche et de mener à bien le projet.

Principales interventions d’accessibilité :

  1. La circulation : normée ou adaptée
  2. La médiation : clé de l’accueil et du circuit culturel

Situation géographique :

  • Lewarde, 50 km de Lille ;
  • sur la Fosse Delloye, site de 8 hectares dont 8 000m² de bâtiments et superstructures.

Description des installations :

  • bâtiment neuf (réalisé en 2002) pour y installer des expositions permanentes et temporaires (qui se développent également dans la partie ancienne du musée), une billetterie, un espace de restauration, une boutique, une salle de séminaire et un auditorium ;
  • site historique : 450m de galeries ouvertes au public ;
  • centre de documentation des archives des Houillères ;
  • centre de culture scientifique de l’énergie ;
  • restaurant.

Fiche de synthèse :

Pour aller plus loin :

Enjeux du site

Valeur patrimoniale et attractivité

  • implantation du musée sur un ancien site industriel des années 30 ;
  • parmi les plus importants musées miniers en France (fréquentation de 150 000 visiteurs par an).

Problème d’accessibilité

  • les installations minières spécifiques présentaient des impossibilités techniques à la mise en accessibilité du Centre minier en termes d’éclairage ou de praticabilité du cheminement.

Stratégie d’intervention

  • la mise en accessibilité des bâtiments neufs réalisés en 2002 combine aménagement architectural et dispositifs de médiation.

Projet

Deux niveaux d’intervention : de la mise aux normes à la dérogation

La circulation : normée ou adaptée

L’intervention architecturale a permis de traiter plusieurs points d’accessibilité :

  • la création des cheminements carrossables et contrastés.
  • les ruptures de niveau ont été comblées par l’installation de rampes d’accès réversibles présentant un revêtement antidérapant, des chasse-roues et des mains courantes contrastées.
  • tous les obstacles permanents sont signalés.
  • une signalétique a également été mise en place.
  • un ascenseur sonore avec boucle d’induction magnétique permet par ailleurs l’accès aux services offerts dans le bâtiment neuf.

Vue des cheminements extérieurs carrossables et contrastés visuellement.Vue de la rampe d’accès permettant de compenser les ruptures de niveau.Vue de l'entrée de plain pied disposant de portes automatiques contrastées visuellement.

Les différents bâtiments ne présentaient pas nécessairement de contraintes majeures liées à la conservation du patrimoine historique, ce qui a permis la mise en œuvre de travaux sans contrainte.

Praticabilité : problématique de conservation du patrimoine

L’accessibilité des galeries souterraines revêtait une importance capitale pour le musée, cependant leur configuration et la présence d’obstacles permanents singuliers (rails, machines) entraînaient une impossibilité technique à leur mise en accessibilité réglementaire. En effet, de tels aménagements (luminosité, cheminement sans obstacle de 2 cm) auraient été jugés contraires à l’intérêt de la visite du site qui vise à s’immerger dans une ambiance historique.

Ainsi, les efforts se sont tournés vers l’adaptation des lieux, avec l’objectif d’obtenir des dérogations: un cheminement carrossable, des contrastes visuels, des renforts lumineux et un accompagnement à la visite ont été proposés. De plus, la mise en place de bandes sonores et de vidéos plonge le visiteur dans une ambiance historique.

La dérogation ici n’est pas synonyme de renoncement, mais de recherche concertée de solutions de compromis entre conservation historique du site et droit fondamental à la visite pour les personnes handicapées.

Vue des galeries après la pose d'un éclairage adaptéVue des galeries avant la pose d'un éclairage adapté

La médiation : clé de l’accueil et du circuit culturel

Des solutions techniques pour les différents types de handicap facilitent le circuit culturel et les services proposés. Elles concernent une amélioration du service d’accueil et de l’offre culturelle :

  • visioguides, audioguides ;
  • amélioration de la visite guidée (allongement du temps de visite) ;
  • accompagnement en galerie ;
  • maquettes tactiles pour tous ;
  • signalétiques adaptées ;
  • film ;
  • carte de restauration adaptée.

Il était indispensable de coupler ces améliorations à une prise en compte accrue de l’accueil.

Acteurs et processus de projet

Acteurs du projet

  • Maître d’ouvrage : Centre historique minier
  • Maître d’oeuvre : Atelier Novembre
  • Maître d’usage : Personnel acteur de la mise en accessibilité, constitué en comité de pilotage inter-services – Centre historique minier de Lewarde association loi 1901.

La prise en compte de l’accessibilité a été déterminante dans l’amélioration de l’accueil de tous les publics. Comme l’indique la devise du groupe de réflexion sur le développement de l’équipement :

«ce n’est pas le public qui est handicapé mais le centre qui l’est pour accueillir tous les publics et donc mener sa mission».

Processus de projet

Formation du personnel

L’amélioration de l’accessibilité du Centre minier a été réfléchie grâce à la création d’un groupe de travail sur la notion du handicap composé de 20% du personnel. Cette réflexion a conduit à la restructuration des lieux mais également à la formation du personnel. Il s’agit d’une démarche de sensibilisation par différentes formations sur les types de handicaps, formation de personnes à la Langue des Signes Française, édition d’un guide de bonnes conduites, etc.

« Les personnels du Centre minier ont eu l’impression de pouvoir, par leur travail, participer à une démarche humaine et citoyenne honorable et valorisante».

Photographie présentant la formation du personnel du musée à la LSF

Photographies et plans