Rijksmuseum

Vue extérieure du Rijskmuseum

Présentation générale

Le Rijksmuseum d’Amsterdam signifie en français Musée d’Etat d’Amsterdam, il est consacré aux beaux-arts, à l’artisanat, à l’histoire du pays. C’est l’un des musées le plus important en terme de fréquentation des Pays-Bas.

Principales interventions d’accessibilité :

  1. Un musée ouvert sur la ville
  2. Un dialogue entre patrimoine et projet contemporain
  3. Le projet muséographique

Situation géographique :

  • Amsterdam, Pays-bas

Description des installations :

Le Rijksmuseum a été dessiné à la fin du 19ème siècle par l’architecte hollandais Pieter Cuypers. Il joue un rôle structurant double, il est à la fois une des portes de la ville et le nouveau musée national. Le bâtiment en brique intègre des éléments gothiques à un style renaissance. Il est situé en plein quartier du museumplein à Amsterdam (« place des musées »). Après dix ans de travaux, le musée ré-ouvre finalement au public en 2013.

Les architectes ont eu pour tache de délester le musée des ses ajouts ultérieurs afin de lui redonner son caractère originel porté par Pieter Cuypers. Il a fallu également lui rendre une cohérence d’ensemble et y intégrer tous les besoins d’un musée d’aujourd’hui tourné vers la ville et nécessaire au confort du public : boutiques, cafés, auditorium, salles pédagogiques, etc.

Pour aller plus loin :

Enjeux du site

Valeur patrimoniale et attractivité

  • Il remporte le prix du musée European de l’année en 2015 (European Museum of the Year Award)
  • 2 450 000 visiteurs par an (en 2014)
  • environ un million de pièces exposées

Problèmes d’accessibilité

  • accessibilité des différents niveaux des bâtiments existants
  • manque d’espace d’accueil des publics accessibles

Projet

Un musée ouvert sur la ville

Un passage du Nord au Sud de la ville divise le bâtiment en deux parties, ce qui implique la création de deux entrées, deux escaliers principaux et une discontinuité de niveaux au rez-de-chaussée entre les parties Est et Ouest du bâtiment. Cette contrainte architecturale a été l’un des défis structurant du projet de réhabilitation.

Par ailleurs, le bâtiment d’origine porte les déficiences récurrentes des musée du 19e siècle, tel que le manque d’espaces publics, d’espaces de pédagogie, de boutiques et de cafétérias, une bonne isolation thermique et des systèmes de régulation de l’air en lien avec la grande fréquentation du musée.

Le projet de réhabilitation des architectes tente de répondre à ces différents besoins et problèmes en proposant une entrée dans le passage, tout en conservant le rôle urbain traditionnel du bâtiment en tant que porte de la ville, le passage public sous le porche est donc conservé. Ainsi, deux escaliers et deux ascenseurs situés de chaque côté du porche mènent le visiteurs au hall principal situé en décaissé par rapport au niveau de la rue. Le niveau enterré assure ainsi la continuité entre les ailes Est et Ouest du bâtiment. Ce niveau accessible depuis la rue et ouvert à tous (l’entrée avec ticket ne se fait qu’aux extrémités de ce plateau) propose au musée une véritable place publique intérieure, intégrant une boutique, une cafétéria, un point information, l’espace de vente des tickets, et l’accès à l’auditorium et aux salles de réunion. Cet espace accentue encore un peu plus le rayonnement urbain du bâtiment et son ouverture sur la ville tout en gérant de façon ingénieuse les enjeux d’accessibilité moteur pour tous.

Vue extérieure du RijskmuseumHall du musée

Vue extérieure et Hall du musée.

Un dialogue entre patrimoine et projet contemporain

Durant la siècle passé, le bâtiment a subit de nombreuses interventions. Les nouveaux espaces nécessaires ont obligé les architectes à proposer une extension (le pavillon asiatique) accolée au bâtiment existant et située dans la cour. Cette extension a eu pour conséquence une réduction des apports de lumière naturelle dans les espaces existants auxquels elle s’accole, tout en complexifiant le parcours du visiteur.

La collection du pavillon asiatique était difficilement intégrable dans le parcours chronologique de la collection permanente du musée sans perturber la lecture muséographique du visiteur. Le choix a donc été de créer un nouveau bâtiment pour abriter cette collection, il est situé entre le bâtiment principal et l’aile Philips, la où le jardin du musée était moins investi.

L’architecture du pavillon affirme une rupture des codes architecturaux avec le bâtiment auquel il s’adosse et créer ainsi un dialogue riche entre les deux styles architecturaux. Le bassin situé au pied du bâtiment met en valeur l’autonomie du volume créé, il apparaît comme un élément du jardin. La pierre utilisée pour le bâtiment est la même que celle qui constitue les éléments du jardin ainsi que l’entrée du bâtiment, cela évoque ainsi une continuité entre les différents espaces.

Depuis les espaces intérieurs, la façade du bâtiment principal auquel il s’adosse est visible, cela offre au visiteur un autre regard sur l’architecture du bâtiment existant et met en valeur, par le contraste des matériaux et des formes notamment, l’architecture du bâtiment existant.

jonction entre bâtiment existant et extensionjonction entre bâtiment existant et extension

Jonction entre bâtiment existant et extension.

Dans le bâtiment existant les différents niveaux ont été rendus accessibles par l’aménagement d’ascenseurs en différents points stratégiques du parcours. Une rampe est également aménagée pour gérer la différence de niveau équivalente à quelques marches pour le passage entre deux salles. Cette différence étant relativement importante, la rampe a été aménagée dans la longueur d’un couloir où les deux types de franchissements sont proposés aux visiteurs (emmarchement et rampe).

intégration des ascenseurs dans le hallintégration d'une rampe dans la circulation

Intégration des ascenseurs dans le hall et intégration d’une rampe dans la circulation.

Le projet muséographique

Le projet de muséographie propose une grande palette d’éléments supports pour exposer les différents objets et œuvres présents dans le musée. Cette large gamme de vitrines propose un même vocabulaire en terme de design et induit une unité entre les différentes galeries. Elle contribue ainsi à construire la continuité et la cohérence du parcours muséographique. Le parti-pris du projet est de se détacher du bâtiment patrimonial existant par l’usage d’un vocabulaire (matériaux et couleurs) contrasté. Les mobiliers dédiés au confort des visiteurs, tels que les bancs, mais aussi les podia et piédestaux, sont également pensés et dessinés en cohérence avec les vitrines.

Exemple de vitrineDesign des bancs

Exemple de vitrine et design des bancs.

Les couleurs choisies pour la muséographie reprennent également la palette de Pieter Cuypers, architecte du bâtiment d’origine, et soulignent les œuvres tout en apportant un contraste de confort.

La lumière est intégrée de manière à limiter les effets d’éblouissement et d’inconfort visuels. Enfin, les cartels sont situés à l’extérieur des vitrines, ce qui limite les risques de contre-jour et de brillance gênant le confort de lecture. Les textes sont contrastés, ils sont écrits en blanc sur un fond gris soutenu, ou bien en noir sur fond blanc.

Cartel texte blanc sur fond grisCartel texte noir sur fond blanc

Cartels et textes contrastés.

Crédits photographiques : Clémentine Laurent-Polz

Acteurs et processus de projet

Acteurs

  • Maître d’ouvrage : Rijksmuseum Amsterdam, Ministère du bâtiment, Ministère de la Culture.
  • Maître d’œuvre :

– Architectes mandataires du projet de réhabilitation du bâtiment : Cruz y Ortiz et HMADP architecten
– architectes en charge du projet d’architecture d’intérieur et de  la muséographie : Wilmotte et associés
– architectes-paysagistes : Copijn landschapsarchitceten

Photographies et plans