Musée de l’Homme

Musée de l'Homme

Présentation générale

Après six ans de travaux, le musée de l’Homme rouvre ses portes en octobre 2015. Ces travaux ont été l’occasion de rénover entièrement l’intérieur du musée tant sur le plan architectural que muséographique. L’extérieur du musée a été complètement conservé en l’état.

Principales interventions d’accessibilité :

  1. organisation intérieure et muséographie
  2. médiation
  3. signalétique

Situation géographique :

  • Aile Passy du Palais de Chaillot, Paris

Description des installations :

Le musée de l’Homme prend place dans l’aile Passy du Palais de Chaillot construit pour l’exposition internationale de 1937. Le palais abrite également d’autres institutions, et notamment la cité de l’architecture et le Musée National de la Marine. Le bâtiment est le résultat de deux palais imbriqués construits à l’occasion des expositions universelles de 1878 et e 1937. Le premier bâtiment est partiellement démoli avant d’être camouflé par le nouveau palais construit en 1937. Depuis sa création en 1938, le Palais de Chaillot est porteur d’un concept novateur de musée-laboratoire, lieu réunissant collections, chercheurs et publics.

Pour aller plus loin :

Enjeux du site

Valeur patrimoniale et attractivité

  • le Palais de Chaillot et son esplanade sont partiellement classés au titre des Monuments Historiques depuis 1987
  • le clôt et le couvert du bâtiment sont classés au titre des Monuments Historiques depuis 1984
  • une collection composée de 700 000 objets de préhistoire et de 30 000 ensembles d’anthropologie

Problèmes d’accessibilité avant travaux

  • nécessité de réaménager les espaces pour l’accueil du public et les espaces d’exposition,
  • nécessité de réaménager les autres espaces du musée : les collections, le centre de recherche et d’enseignement, les plateaux techniques, une bibliothèque et des salles de cours
  • rendre accessibles les contenus et messages de l’exposition

Stratégie d’intervention

Le chantier de rénovation a dû se faire en site contraint puisque le Musée de la Marine, situé au rez-de-chaussée dans la même aile que le Musée de l’Homme, est resté ouvert pendant toute la durée des travaux. Il a donc fallu prendre en compte cette contrainte pour développer une stratégie de chantier adéquate, tant en terme d’organisation et de gestion de nuisances sonores potentielles que de l’accessibilité au chantier en lui-même (dépôt des structures de grande ampleur, etc.).

Le projet se veut réversible, il s’intègre dans l’enveloppe du bâtiment existant, plusieurs entresols ont cependant été ajoutés de manière à densifier le volume disponible à l’intérieur de cette enveloppe.

Projet

Une organisation intérieure repensée

Le projet le réaménagement de l’espace a été repensé pour accueillir un musée (espaces d’exposition et collections), un centre de recherche et d’enseignement, des plateaux techniques, une bibliothèque et des salles de cours. Le projet a dû se faire en site contraint, le Musée national de la Marine situé au rez-de-chaussée étant resté ouvert pendant la durée des travaux.

L’aménagement d’un vaste espace central de distribution

La circulation au sein des espaces intérieurs a été complètement repensée et articulée autour d’un Atrium central. Cet espace est situé au–dessus du hall d’accueil, il est au cœur du musée et permet la desserte des espaces. L’atrium est accessible depuis le hall par le double escalier existant ainsi que par les ascenseurs. L’accès au musée se fait par l’entrée principale accessible par une rampe située sur la droite du bâtiment. La banque d’accueil du musée est accessible aux personnes à mobilité réduite et équipée d’une boucle à induction magnétique. Les différents espaces dédiés à l’accueil des visiteurs sont rendus accessibles, tels que l’auditorium, les vestiaires et les sanitaires.

La création de l’Atrium a également permis de repenser les parcours de visites de manière à éviter les effets de cul-de-sac et de fluidifier la déambulation. Ainsi, le parcours au sein de la galerie de l’Homme se fait en continu sur les deux niveaux de l’aile Passy.

Atrium – Crédit photographique : Museum National d’Histoire Naturelle - Jean-Christophe DomenechAtrium

Atrium – Crédit photographique : Museum National d’Histoire Naturelle – Jean-Christophe Domenech

Dans l’ensemble du projet, la lumière naturelle a été privilégiée en valorisant les ouvertures existantes et la création d’un nouveau puits de lumière dans le pavillon de tête. Le projet propose des dispositifs modulables de gestion de la lumière naturelle et des vues de manière à favoriser le travail muséographique et les préservations des œuvres. En effet, des panneaux coulissants montés sur rails suspendus au plafond permettent de filtrer la lumière et la vue grâce à un tissu de toile blanche.

Une mezzanine située entre les deux niveaux du musée de l’Homme permet de donner une lecture généreuse de l’espace tout en rompant la linéarité du parcours. Cette mezzanine est habitée par un dispositif muséographique fort, proposé par l’agence Zen+dCo. En effet, une structure monumentale support de bustes anthropologiques accompagne le visiteur et s’élève dans l’espace, à l’image d’une portée de musique.

Structure de bustes anthropologiquesEspace d'exposition

La structure de bustes anthropologiques et panneaux de toile blanche – Crédit photographique : Museum National d’Histoire Naturelle – Jean-Christophe Domenech

Un parcours muséographique en trois temps

Le foisonnement et la complexité des contenus diffusés par le musée nécessitent une réflexion de fond sur la manière de rendre accessible et lisible tant d’informations. Le choix s’est porté sur l’articulation du parcours muséographique autour de trois temps, sous la forme de trois questions : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Au fil de ces trois séquences, l’agence Zen+dCo propose une palette de supports muséographiques diversifiés qui rythment et ponctuent l’espace invitant le public à s’immerger, à se plonger, à se mettre en mouvement face aux objets exposés. Le parcours est ainsi ponctué de vitrine-alcôves, de « cabinets de curiosité » réinventés, de tables de jeu, d’expériences tactiles et sonores.

Installation muséographiqueInstallation muséographique

Installations muséographiques – Crédit photographique : Museum National d’Histoire Naturelle – Jean-Christophe Domenech

Une médiation pluri-sensorielle en lien avec le parcours muséographique

Un parcours sensoriel

Les espaces et les contenus de la galerie de l’Homme on été imaginés de manière être le plus accessible à tous. Le parcours déploie une palette d’outils de médiation accessibles de manière multi-sensorielle, le visiteur est amené à toucher, sentir, écouter, voir, jouer, se mettre en mouvement, etc. Par la richesse des supports, le parcours muséographique s’adresse à tous les publics et propose une approche de l’accessibilité au sens large et inclusif en intégrant les différents publics : de langue française ou étrangère, déficients visuels, néophytes, enfants et adultes, etc.

Table tactile

Des tables tactiles et interactives ponctuent le parcours – Crédit photographique : Museum National d’Histoire Naturelle – Jean-Christophe Domenech

Les objets à toucher présenter dans le parcours sont autant de repères qui permettent aux visiteurs d’accéder aux messages des différentes sous-parties de la Galerie de l’Homme. Ils sont posés sur un socle et associent des dispositifs sonores à déclenchement manuel à des informations en texte et en braille.

Table tactileCranes à toucher

Borne tactile et crâne à toucher – Crédit photographique : Museum National d’Histoire Naturelle – Jean-Christophe Domenech

Expérience multimédiaExpérience ludique

Expérience multimédia et expérience ludique : « marche dans les pas d’un australopithèque » – Crédit photographique : Museum National d’Histoire Naturelle – Jean-Christophe Domenech

Des outils de médiation diversifiés

La diffusion des connaissances et des informations qui accompagnent le parcours muséographique s’articule autour d’une palette d’outils permettant d’offrir au visiteur plusieurs niveaux de lectures. Ces outils se déclinent sur des dispositifs de mise en scène des objets, des dispositifs de hautes technologies (vitrine), et des outils numériques.

Affirmant son caractère de musée-laboratoire, le projet intègre également une mise en réseau d’espaces dédiés à la rencontre virtuelle ou directe avec les scientifiques et les chercheurs, à travers des espaces d’expositions temporaires,  les espaces de médiation, le balcon des sciences, le centre de ressources ou encore l’auditorium.

Plusieurs outils sont également mis à disposition du public :

  • Une maquette tactile de l’ensemble du bâtiment
  • Boucles magnétiques avec amplificateurs pour les audiovisuels et les multimédia parlants
  • Fiches de salles, avec des textes faciles à lire (à disposition des personnes en situation de handicap mental), en cours de finalisation
  • Sous-titrage et transcription de l’ensemble des vidéos parlantes en langue des signes française

Enfin, plusieurs types de visites sont proposés au public :

  • des visites en LSF (Langue des Signes Française),
  • des visites tactiles et sensorielles,
  • des ateliers dédiés

Des outils d’aide à la visite sont par ailleurs prêtés aux visiteurs, tels que des fauteuils roulants, des sièges, des loupes éclairantes et des documents d’aide à la visite.

Signalétique

Le dialogue avec l’espace

Le projet de signalétique se veut inclusif et universel, le parti-pris du projet signalétique est de se combiner au guidage implicite qu’induit le bâtiment, l’architecture, l’espace en lui-même, dans un souci d’intervention minimale et efficiente.

Le projet signalétique intègre la mise en place de réponses en terme d’accessibilité à travers la prise en compte des contrastes, de la taille des éléments, du positionnement des éléments, de la sémantique, et de la création de pictogrammes. Par ailleurs, des équipements spécifiques comme des balises sonores et des manchons en braille pour les rampes d’escalier ont été mis en place.  Enfin, la maquette tactile permet également d’aider le visiteur à comprendre l’organisation du bâtiment qui est complexe.

Maquette du bâtimentMaquette du musée

Maquette du bâtiment dans son ensemble et maquette tactile du musée de l’Homme. Crédit photographique : Museum National d’Histoire Naturelle – Jean-Christophe Domenech

Le travail avec les usagers

La concertation avec les usagers a été organisée par la responsable accessibilité du musée. Certains intervenant de l’équipe de conception ont pu participer à cette concertation, comme l’explique Emmanuelle Chaminand, bureau d’étude accessibilité et signalétique « J’ai participé à celle avec les personnes aveugles et malvoyante. Elle a eu lieu alors que le projet n’était pas encore suffisamment abouti (visite de chantier compliquée). Je dirais qu’il s’agissait plus d’un recueil de besoins. »

L’assistant à maîtrise d’ouvrage accessibilité (Handigo) a été en charge de vérifier l’adéquation de la proposition avec les exigences de l’accessibilité. Par ailleurs, des évaluations ont été menées par le Musée de l’Homme avec des associations locales pour vérifier l’adéquation des propositions avec les besoins de usagers (Association Valentin Haüy, entre autres).

Test signalétique avec les usagers

Test signalétique – Crédit photographique : M.N.H.N Jean-Christophe Domenech

Acteurs et processus de projet

Acteurs

  • Maitrise d’ouvrage :

– Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
– Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie
– Muséum national d’Histoire naturelle

  • Maitrise d’ouvrage déléguée :

– l’OPPIC, Opérateur du Patrimoine et des Projets Immobiliers de la Culture

  • Maître d’œuvre Monuments Historiques (pour la partie « clos – couvert » du bâtiment, classée) :

– Architecte en Chef des Monuments Historiques : J.F. Lagneau / Lionel Dubois

  • Maitrise d’œuvre :

– Architecte mandataire : Agence d’architecture Brochet-Lajus-Pueyo
– Architecte co-traitant : Atelier d’architecture Emmanuel Nebout
– Muséographe-scénographe : Zen+dCo
– Concepteur-Lumière : 8’18’’
– Assistant à Maitrise d’Ouvrage accessibilité : HANDIGO
– Bureau d’étude signalétique et accessibilité et manager du projet signalétique : Emmanuelle Chaminand

Pour la mise en place du projet de signalétique, une plateforme numérique de coordination a été mise en place de manière à intégrer les différents groupes de travail et à créer des « sous-systèmes » de communication. Comme l’explique Emmanuelle Chaminand, manager du projet signalétique : « Cette équipe projet s’est réunie en « grands groupes » dans les premières phases du projet (finalisation de l’esquisse et avant projet sommaire) puis en groupes restreints de travail selon les sujets à aborder pour les phases plus opérationnelles (phases PRO, DCE, DET). »

Processus de projet

Le projet de rénovation du musée et du parcours muséographique intègre dés le début une démarche centrée sur l’accessibilité et sur la diversité des usagers. Pour cela, l’équipe de service des publics à mener une démarche participative avec les usagers afin de prendre en compte au mieux leurs besoins. Le musée a donc choisi de co-construire l’offre d’espaces et d’activités avec une grande diversité de publics: personnes en situation de handicap, publics du champs social. Par ailleurs, des études ont également été lancées auprès du public pour mieux identifier leur représentation du Musée de l’Homme, mais aussi leurs attentes, et tester des propositions de médiations.

« Il s’agit, en effet, d’œuvrer dans l’intérêt du public, dans son acception la plus large en vue d’une accessibilité globale qui réunit tout à la fois l’accès au cadre bâti mais également aux contenus présentés. Cette conviction anime les personnels du service des publics qui s’interrogent sur les représentations, les besoins, les modalités d’adaptation des supports et de transmission de l’information. ». Extrait du site internet du Musée de l’Homme.
Emmanuelle Chaminand, designer et en charge de la gestion de projet signalétique, nous explique en quoi l’accessibilité a impacté sur le processus de projet : « La seule chose que cela a changé est que du côté de l’équipe de conception j’ai été désignée pour la gestion de projet (et bureau d’étude accessibilité ndlr), et du côté du musée, la personne désignée pour la gestion du projet était la responsable accessibilité. J’en déduis que nous avons été missionnées pour nos compétences en compréhension des besoins, des comportements, et en « traduction » entre les différents jargons d’experts. »

Un outil de coordination a été mis en place à travers la création d’une plateforme numérique. Cette plateforme a permis de faciliter et d’optimiser l’efficacité des échanges entre les différents interlocuteurs du projet. Il a permis notamment de :

  • créer des groupes d’interlocuteurs (et de gérer les accès aux documents et messages),
  • garder un base documentaire depuis le début du projet,
  • garder l’historique des décisions et validations,
  • retrouver 7j/7 24h/24 les différentes phases du projet (ESQ, APS, etc.) et les sous-phases,
  • d’automatiser l’archivage,
  • d’avoir un système de notification pertinent et ciblé, pour ne pas inonder tous les interlocuteurs de notifications qui ne les concernent pas et donc garder l’attention des participants,
  • d’avoir un vocabulaire commun,
  • d’intégrer à l’équipe projets tous les nouveaux arrivants (les fabricants par exemple).

Photographies et plans