Muséum National d’Histoire Naturelle : Grande Galerie de l’Évolution et Galerie des enfants

Grande Galerie de l'Évolution, galerie principale - M.N.H.N. - Bernard FAYE

Présentation générale

La Grande Galerie de l’Évolution a particulièrement soigné son offre de médiation à destination de tous les publics.

Principales interventions d’accessibilité :

1. Améliorer l’accès physique déjà entrepris par la restauration des années 1990
2. Une offre de médiation particulièrement riche
3. Une préparation de la visite facilitée

Situation géographique :

Le Muséum National d’Histoire Naturelle est composé de plusieurs entités, dont la Grande Galerie de l’évolution et la Galerie des enfants. Ces dernières sont situées dans le même bâtiment, au cœur du jardin des Plantes, à Paris.

Description des installations :

La Grande Galerie de l’évolution est située dans un bâtiment inauguré en 1889, construit par l’architecte Louis-Jules André dans le but d’abriter une nouvelle galerie de zoologie. Une grande verrière permet notamment de bénéficier de l’éclairage naturel. Le site s’étant peu à peu dégradé, il est décidé de procéder à sa rénovation aussi bien en matière d’architecture que de présentation des collections. Les travaux débutent en 1991. Les collections sont présentées sur quatre niveaux : le rez-de-chaussée est consacré à la diversité du vivant (milieux marins), le premier étage est consacré à la diversité du vivant (milieux terrestres) et abrite la galerie des enfants, le deuxième étage est consacré à l’homme facteur d’évolution et le troisième étage est consacré à l’évolution de la vie.

Pour aller plus loin :

http://www.mnhn.fr (nouvel onglet)

Enjeux du site

Valeur patrimoniale et attractivité

  • Au cœur du jardin des Plantes, dans le Vème arrondissement de Paris
  • Collections présentées dans un bâtiment datant de 1889
  • Présentation des collections novatrices, cette présentation a révolutionné le milieu des musées d’histoire naturelle
  • Spectacle sonore et lumineux dans la nef centrale
  • Grande galerie des enfants dédiée au jeune public
  • Exposition du seul exemplaire au monde de Calmar géant naturalisé et conservé
  • Exposition du premier animal de grande taille naturalisé au Muséum d’histoire naturelle sous Louis XV : le rhinocéros royal
  • Un espace d’expositions temporaires
  • 800 000 visiteurs en 2013

Problèmes d’accessibilité

L’ancienne Galerie de zoologie du Muséum national d’Histoire naturelle a fait l’objet de travaux de rénovation afin de sauver le bâtiment entre 1991 et 1994, devenant ainsi la Grande Galerie de l’évolution. A cette occasion, l’intégralité de l’espace intérieur et de la muséographie a été repensée, permettant ainsi de pallier un certain nombre de problèmes liés à l’accessibilité physique, même si quelques travaux de mises aux normes ont été nécessaires ces dernières années. Les collections présentées sont relativement complexes et illustrent la diversité du vivant, l’évolution de la vie, l’homme comme facteur d’évolution, les espèces menacées et disparues, le tout dans une ambiance volontairement voulue assez sombre. C’est donc en matière de médiation que la majorité des évolutions en matière d’accessibilité aux personnes en situation de handicap ont été produites.

Stratégie d’intervention

Depuis la grande rénovation conduite dans les années 1990, la majeure partie de l’espace d’exposition de la Grande Galerie de l’évolution est accessible aux visiteurs à mobilité réduite. L’accent a donc davantage été porté sur les outils de médiation, notamment ceux destinés au jeune public, à travers l’ouverture d’un espace dédié sur deux étages : la Galerie des enfants.

Projet

1. Améliorer l’accès physique déjà entrepris par la restauration des années 1990

Les restaurations entreprises entre 1991 et 1994 sous la conduite des architectes Paul Chemetov, Borja Huidobro, Pontus Hultén ont permis de restructurer complètement l’espace intérieur de la Grande Galerie de l’évolution. Le projet prévoit de changer l’accès à la grande galerie en le plaçant dans l’axe longitudinal de la nef. La Galerie de Vénus a donc due être détruite, puis la nef a été creusée pour créer 2 niveaux supplémentaires. Le comblement de la nef a été conçu grâce à des structures métalliques qui dialoguent parfaitement avec l’architecture initiale. Des ascenseurs ont donc pu être créés permettant aux personnes à mobilité réduite d’accéder à tous les niveaux de la Grande Galerie de l’évolution.

Grande galerie de l'évolution, galerie principale

1 – Grande Galerie de l’Évolution, galerie principale – Crédit M.N.H.N. – Bernard FAYE

L’accès à la Grande Galerie de l’évolution se fait par un parvis en béton lisse, de plain-pied. Un agent se tient à la disposition des visiteurs en situation de handicap pour les aider à manipuler les portes d’entrée relativement lourdes. En cas de forte affluence, les visiteurs en situation de handicap peuvent emprunter une entrée prioritaire signalée, à droite de l’entrée principale.
Des sanitaires adaptés ont été installés à chaque nouveau de l’espace d’exposition. Au rez-de-chaussée, ces sanitaires sont en accès libre, sans besoin de billet. Des bancs sans dossiers ni accoudoirs jalonnent régulièrement le parcours de visite
Par ailleurs, une attention particulière est portée à l’accessibilité des nouvelles expositions (permanentes ou temporaires) aux personnes déficientes visuelles.

Galerie des enfants, galerie principale

2 – Galerie des enfants, galerie principale – M.N.H.N. – Bernard FAYE

2. Une offre de médiation particulièrement riche

La médiation culturelle à destination de tous les publics a été particulièrement soignée, surtout dans la galerie des enfants, un espace dédié au jeune public. Cet espace a été pensé pour que tous les publics puissent s’y orienter simplement et de la manière la plus autonome possible.

Plan en relief et contrasté adapté à tous, avec globe tactile en arrière plan

3 – Plan en relief et contrasté adapté à tous, avec globe tactile en arrière plan – Crédit : M.N.H.N. – Bernard FAYE

Il est divisé en trois espaces thématiques (la Ville, la Rivière, la Forêt tropicale) que l’on peut identifier grâce à des codes couleur, des pictogrammes ou encore du mobilier caractéristique. Un parcours tactile a été créé pour permettre à tous les visiteurs d’appréhender l’exposition.

Deux enfants regardant le plateau en relief

4 – Deux enfants regardant le plateau en relief

Le globe terrestre tactile adapté en collaboration avec les professeurs d'histoire géographie de l'INJA

5 – Le globe terrestre tactile adapté en collaboration avec les professeurs d’histoire géographie de l’INJA 

Ce parcours est composé de 15 sculptures animalières en bronze à échelle 1 (rat, moineau, pigeon, blatte, chat, anguille, carpe, sandre, canard colvert, musaraigne aquatique, un titan (insecte géant), serpent fer-de-lance, grenouille, singe-araignée, éléphanteau d’Asie). A chacune de ces sculptures tactiles est associé un plateau en corian permettant de présenter le contexte de vie de l’animal par des dessins en bas relief accompagnés de textes en braille. En plus de ces supports tactiles, des dispositifs ludiques et interactifs ont été installés.

Sculpture tactile en bronze de singe araignée de la forêt tropicale associée à un plateau tactile en relief représentant son milieu de vie

6 – Sculpture tactile en bronze de singe araignée de la forêt  tropicale associée à un plateau tactile en relief représentant son milieu de vie – Crédit © M.N.H.N. – Ingrid VERLAYE

7 - Gros plan sur le singe tactile en bronze des sculptures très réalistes à échelle 1 - Crédit : M.N.H.N. – Ingrid VERLAYE

7 – Gros plan sur le singe tactile en bronze  des sculptures très réalistes à échelle 1 – Crédit : M.N.H.N. – Ingrid VERLAYE

L'éléphanteau tactile devenu la mascotte de la Galerie

8 – L’éléphanteau tactile devenu la mascotte de la Galerie

Les textes explicatifs distillés dans l’espace d’exposition sont tous en gros caractères et contrastés. Ils sont également adaptés à des publics qui lisent peu et ne sont pas toujours nécessaires pour pouvoir utiliser les dispositifs, souvent simples et intuitifs d’utilisation.

Le plateau-jeu « fourmi-araignée »

9 – Le plateau-jeu « fourmi-araignée » – Crédit : M.N.H.N

Par ailleurs, les dispositifs multimedia bénéficient d’un sous-titrage en Langue des Signes Française et en texte.
Un médiateur sensibilisé aux spécificités des visiteurs en situation de handicap est présent en permanence dans la Galerie des Enfants pour présenter l’exposition, accompagner les visiteurs dans l’utilisation des dispositifs sensoriels et interactifs et répondre aux questions de tous les visiteurs.
Au-delà de ces aménagements, le Muséum National d’Histoire Naturelle propose des visites guidées spécifiques (visites tactiles, visites en Langue des Signes Française, visites adaptées aux visiteurs en situation de handicap mental) avec un conférencier formé dans les autres espaces d’exposition.

3. Une préparation de la visite facilitée

Les publics en situation de handicap ont souvent besoin d’accéder à un certain nombre d’informations avant de se rendre sur le lieu de visite. A cette fin, le site Internet du Muséum national d’Histoire naturelle propose un site Internet très complet. Grâce à un onglet « accès par public », le visiteur choisit, en fonction de sa situation personnelle, les informations dont il a besoin. Ainsi, le visiteur peut connaître l’accès le plus adapté en fonction de ses besoins, ou évaluer la possibilité de se rendre dans l’un des sites du Muséum national d’Histoire naturelle en fonction de ses capacités. Un programme des activités proposées aux publics en groupe en situation de handicap est également disponible, et une offre spécifique ou adaptée destinée aux visiteurs individuels ou en famille est proposée régulièrement à des dates fixes.

Conclusion

En soignant particulièrement les dispositifs de médiation à destination des personnes en situation de handicaps, la Grande Galerie de l’évolution améliore l’accessibilité intellectuelle de tous ses visiteurs.

Acteurs et processus de projet

Acteurs

  • Maîtrise d’ouvrage : secrétariat d’Etat chargé des Grands Travaux
  • Maîtrise d’oeuvre : Paul Chemetov, Borja Huidobro, Pontus Hultén (architectes), René Allio (scénographe), Roberto Bonavente (architecte muséographe)

Processus de projet

  • Travaux de rénovations entre 1991 et 1994 (intérieur et présentation des collections totalment repensés)
  • Sensibilisation et formation du personnel à l’accueil des visiteurs en situation de handicap, formation des conférenciers et médiateurs à l’adaptation des animations.
  • Ouverture d’un espace dédié aux enfants en 2010. Une attention spécifique a été portée aux publics en situation de handicap : parcours tactiles et dispositifs ludo-éducatifs, audio-visuels sous-titrés et traduits en Langue des Signes Française, outils et dispositifs interactifs et polysensoriels faciles d’accès pensés pour tous
  • Proposition de programmations spécifiques

Photographies et plans